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  • : Présentation d'attractions de pré-cinéma, du XVIIe siècle à nos jours : optique, lanterne magique, image animée, théâtre, ombres chinoises, cinématographe ancien, photo en relief, 3D
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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 18:39

THAUMATROPE

 

Avez-vous déjà, enfant, regardé le soleil jusqu'à l'éblouissement ? Souvenez-vous du disque qui voltige devant vos yeux après avoir détourné le regard, négatif parfait de la sphère lumineuse qui a imprimé votre rétine. Vous avez appris depuis que l'image d'un objet ne s'efface pas immédiatement mais qu'elle persiste d'autant plus longtemps que l'objet est puissamment éclairé.

  

persistence

 

En observant fixement le dessin pendant 60 secondes, l'image divine de Ste Thérèse apparaît en positif devant les yeux de l'observateur.

Cet effet est une démonstration du phénomène de persistence rétinienne.

 

Exposition "Le colporteur d'images" Journées du patrimoine 2011 à la DRAC Midi-Pyrénées 

 

  

Aristote, en son temps, fit la même découverte que vous. Plus tard Léonard de Vinci s'interrogera sur les anneaux de feu tracés par un tison enflammé. Un siècle plus tard, Johannes Segner soulignera que le phénomène n'apparaît que si la vitesse de rotation du sujet est suffisante. Dans son Mémoire sur la durée de la sensation de la vue, D'Arcy expose les résultats de ses expériences sur la mesure des sensations lumineuses.

 

Attendons les années 1820 pour voir le débat relancé et le phénomène de persistance rétinienne devenir si populaire qu'en 1825 est déposé en Angleterre le brevet d'un petit jouet basé sur son principe : le thaumatrope. Le Dr Fitton en serait l'inventeur, ou bien l'astronome Hershel. L'histoire retient plus volontiers le nom du Dr Paris qui en entreprend la commercialisation.

 

Le petit disque de carton diffusé dès 1826 comporte sur chacune de ses faces la moitié d'une image. En le faisant tourner lentement sur son axe, l'œil perçoit chaque dessin séparément, mais si la rotation s'accélère les impressions lumineuses qui touchent la rétine s'y superposent. Le cerveau n'analyse plus qu'une image constituée des deux précédentes.

 

thaumatrope-detail.jpg

 

Le Multi-thaumatropes que nous présentons offre une sélection d'images originales du 19e siècle à caractère humoristique ou historique. Certaines interrogent le spectateur dans un habile jeu de questions-réponses (A quoi rêvent les jeunes filles ?...). Quelques unes perfectionnent l'illusion pour simuler une action répétitive (le joueur d'orgue de barbarie, le jongleur, ou l'exécution du diable très appréciée du jeune public). Elles sont l'ancêtre du dessin animé.

Il suffit de multiplier les images pour obtenir un mouvement plus élaboré, comme nous le verrons plus loin dans le Zootrope de Horner.

 

multithaumatropes

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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 19:46

 

ombro-cinema.jpg

 

L'Ombro-Cinema est à l'origine un jeu d'ombres animées commercialisé au début du XXe siècle. Derrière l'écran translucide d'un théâtre d'ombres défile une série de personnages animés d'un mouvement saccadé.
La particularité de ce théâtre réside dans l'utilisation d'une grille qui va permettre de créer l'illusion du mouvement.

 

Comment ça marche
Les silhouettes sont dessinées sur une longue bande de calque ou de papier fin. Les parties qui doivent être animées (tête, bras, jambes, et tous les éléments mobiles du décor) sont dessinées dans les deux attitudes extrêmes du mouvement souhaité, puis hachurées verticalement en réserve à un pas identique à celui de la grille. Ainsi, quand la bande illustrée se déroule derrière l'écran, les traits correspondant à l'une des attitudes sont masqués par les bandes verticales de la grille, tandis que ceux de l'autre position deviennent visibles.

L'alternance rapide des deux positions crée l'illusion d'un mouvement répétitif : marche, balancement, battement d'ailes, rotation des roues, etc. avec une prédilection pour les courses poursuites (vélos, chevaux, véhicules de fantaisie et animaux de toutes sortes, lions et crocodiles compris...).

 

vitrine-ombrocinema.jpg

 

La technique de l'Ombrocinema a été utilisée dans plusieurs petits jouets de bazar jusque dans les années 50, mais aussi dans quelques livres animés, cette fois sous forme de disque rotatif visible par une fenêtre découpée dans la couverture cartonnée (Livre ou Album de Télévision).

Jouet présenté généralement en coffret illustré, équipé dans sa version luxe d'une boîte à musique, le théâtre d'ombres à réseau (ou à trame) revêt à l'origine deux décors chromolithographiés : l'un signé du dessinateur Jean Kerhor -auteur de plusieurs pièces d'ombres historiques pour théâtre jouet- reste fidèle au style chinois, l'autre -résolument moderne- met en scène le personnage de Charlot alors à la mode sur les écrans de cinéma.

 

Le décor de l'Ombro Cinema créé en 1993 pour les animations de Perforons la Musique, puisé dans l'iconographie d'un Abecedaire ancien, rend hommage au théâtre jouet dans sa forme la plus respectueuse de l'imagerie : le théâtre de papier.
Réalisé avec un soin minutieux au crayon de couleur aquarellé, ses coloris évoquent la richesse des tons de la chromolithographie, tandis que sa mise en espace renforce l'effet de perspective pour donner toute sa force d'attraction aux scènes animées de l'écran lumineux.

Dans notre Ombro-Cinema défilent sur plusieurs mètres les participants de la Fête au village et du Carnaval de Nice : des sujets choisis pour leur aspect festif et pittoresque. Les bandes originales ont été reproduites fortement agrandies afin de permettre la meilleure vision possible du public.

 

ombro-cinema-1.jpg

 

 

 


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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 19:23

 

C'est dans un vieux livre de physique amusante, sauvé des inondations de Paris par le père de ma grand-mère qui le lui rapporta, et qui fut transmis par chaque génération de femme de la famille avec le respect dû à un traité de magie populaire, que sont gravés les pochoirs à découper de nos premières ombres blanches.

 

livre-d-ombres-blanches.jpg

 

Eclairées à l'aide d'une ou de plusieurs bougies mobiles, les ombres mouvantes projetées suggéraient des scènes de danse diaboliques. Dans la tradition de la fantasmagorie, elles ressuscitaient aussi les portrait des personnalités politiques, littéraires ou religieuses. De la finesse de la découpe dépendait la beauté des nuances.

 

Cette attraction de salon, très en vogue au 19e siècle, existait encore au début du 20e s. sous forme de carte postale à détourer à l'effigie de Napoléon, de la reine Victoria, de présidents de la République comme Sadi Carnot et Poincaré ou du fantaisiste Georges Milton.

 

Voici réunie une sélection de ces ombres célèbres, présentée lors des Journées du Patrimoine consacrées en 2010 aux personnages historiques.

ombres blanches


Mais comment des ombres peuvent-elles est « blanches » ?
Par définition, une ombre résulte d'une absence de lumière : lorsque les rayons lumineux rencontrent un corps opaque qui fait obstacle à leur diffusion, les contours pleins de ce corps sont projetés sur le sol, le mur ou sur l'écran.
L'ombre blanche suit le même principe, sauf que le corps opaque présente des perforations par lesquelles passent les rayons lumineux : l'image est formée de lumière !

 

 

 

 

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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 19:12

L'OMBROMANIE

 

Entre la chanteuse réaliste et le comique troupier, les Caf'Conc' de la belle époque présentaient les dernières attractions à la mode : parmi elles, l'ombromanie.

Des artistes comme l'anglais Trewley, resté longtemps à l'affiche de l'Alcazar, faisaient preuve d'une vraie dextérité de prestidigitateur pour composer des silhouettes toujours plus surprenantes, où l'ombre fugace du petit lapin laissait la place au loup, à l'envol de l'oiseau mais aussi aux profils du tsar ou d'Emile Zola.

 

L'ombromanie fut un thème de prédilection pour les imagiers. Des marques de chocolat ou des grands magasins, comme le Bon Marché, distribuèrent des milliers de petites lithographies richement colorées, souvent dorées, dont les sujets mettaient en scène les ombres et leur modèle. Chaque série collectionnée devenait un traité illustré et ludique, initiateur de jeux d'enfants toujours renouvelés. Il suffisait d'une bougie, de deux mains, parfois de quelques accessoires en papier, et d'un peu d'ingéniosité…

 

Ces chromos d'un autre temps nous ont inspiré la mise en scène des Loups et de la Chevrette qui illustrent, au cours de nos expositions, le thème des ombres chinoises.

 

ombres chinoises

 

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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 19:08

lanternetriple

 

Impressionnante par sa taille, la brillance de ses laitons et la préciosité de son bois d'acajou, la lanterne triple est aussi un bijou technologique qui en fait la forme la plus sophistiquée des lanternes de projection.

 

Mise au point en Angleterre à la fin des années 1870, cette lanterne équipée de trois objectifs superposés et de trois systèmes d'éclairage indépendants est l'instrument privilégie des projectionnistes les plus habiles et les plus fortunés de la fin du 19e siècle. Avec elle, la conférence illustrée devient un véritable spectacle à effets.

 

plan lanterne

 

Alors que la petite lanterne magique en tôle colorée se cantonne au répertoire enfantin, projeté vue à vue dans l'intimité du salon, la lanterne de projection se tourne vers l'éducation populaire ou religieuse. Grâce à des sources de lumière de plus en plus puissantes, et parfois à l'ajout d'un second objectif, elle gagne les salles paroissiales, les théâtres et salles de conférences dont l'écran accueille la projection commentée par un conférencier de photographies en fondu enchaîné.

 

L'ajout d'un troisième objectif de projection, s'il rend la lanterne plus massive et difficile à manipuler, autorise des effets encore plus élaborés : chute de neige qui transforme un paysage d'été en scène hivernale, éruption du volcan qui déverse sa lave en fusion, tempête en mer, naufrage du navire foudroyé avec sauvetage de l'équipage...

 

Les images projetées sont des vues peintes à la main sur verre, souvent mécanisées pour créer le mouvement ou des effets comiques. Avec le développement de la photographie, les vues sur verre deviennent scientifiques, éducatives et touristiques. Ce sont les ancêtres des diapositives et, à présent, de nos photos numériques.

 

L'âge d'or des lanternes triples n'a duré qu'une vingtaine d'années : dès la fin du siècle, l'arrivée du spectacle cinématographique leur porte un coup fatal. De ces appareils rares et coûteux dès l'origine, seuls quelques exemplaires subsistent aujourd'hui.

 

lanterne tripleLa Magic Lorraine

 

Tout en bois et laiton, la lanterne triple pour projections lumineuses construite par Jean-Pierre Aressy est inspirée des lanternes triples anglaises en vogue dans les années 1880.

 

Elle est constituée de trois projecteurs superposés afin de permettre la projection simultanée de plusieurs images ou bien la fusion des images sur l'écran. Le fondu enchaîné est assuré grâce à un système mécanique situé devant l'optique, poétiquement appelé " œil de chat ".  

 

Suivant l'exigence des projections, la lanterne peut être équipée d'un jeu d'optiques anciennes ou bien de modernes optiques allemandes en 250mm et sa puissance lumineuse portée à 400 W grâce à l'utilisation de filtres anti-caloriques de haute qualité pour prévenir la dégradation des vues projetées.

 

Sa sophistication  la destine à prendre le relais du couple de lanternes  anciennes utilisées pour les spectacles " Lanternes magiques " -florilège de plaques de collection- et " L'odyssée aérienne du Fantasmagore ", peint et réalisé en hommage au projectionniste et aéronaute du 18e siècle Etienne Gaspard Robertson qui, avec Melies, a inspiré notre travail.

 

bourse-villeneuve-JPGPrésentation

en avant première

au public de la bourse photo

de Villeneuve-Tolosane

au printemps 2010.

 

  

 

lanterne-double.JPG

 

 

 

 

 

 


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24 mars 2012 6 24 /03 /mars /2012 19:31

Par très beau temps, perçons d'un trou minuscule la paroi d'une chambre obscure : une image réduite et inversée du paysage extérieur surgit alors sur le mur opposé. Dans cette apparition lumineuse quasi surnaturelle pour les premiers spectateurs, réside toute la magie de la Camera Obscura.

 

Ce phénomène, déjà observé par Aristote, permet aux astronomes d'étudier les éclipses de soleil sans exposer directement leurs yeux à une lumière aveuglante. Au 16e s. l'adjonction dans l'orifice d'une lentille biconvexe améliore la qualité de l'image qui gagne en netteté et en luminosité.

En 1585, Giovanni Battista Benedetti corrige l'inversion verticale de l'image par l'introduction d'un miroir à 45°, sans que soit pour autant rectifiée l'inversion latérale du sujet reflété. C'est ce système qui sera utilisé couramment du 17e s. au début du 20e s dans la camera obscura portative, laquelle n'est autre que l'ancêtre de notre appareil reflex moderne.

 

 cameraobscura

 

Fonctionnement
L'image formée par les rayons lumineux traverse la lentille de l'optique, est réfléchie par un miroir incliné à 45° qui la projette sur un écran de verre dépoli protégé par un capot de la lumière ambiante pour accentuer le contraste. La mise au point s'effectue en avançant ou reculant l'optique grâce au tiroir mobile. L'artiste place sur le verre une mince feuille de papier transparent sur laquelle il suit sans effort les contours du sujet à dessiner.

 

cameraobscuraimage.jpg

Nombreux sont les peintres qui utilisent la camera obscura pour dessiner les croquis préparatoires de leurs œuvres. Les paysages et monuments sont ainsi rendus dans leurs exactes proportions. Canaletto, Vermeer, Reynolds utilisent des machines à dessiner. L'usage de la chambre noire pour le portrait est moins connue, peut-être par crainte de voir rabaissé le talent de l'artiste.

 

Autre application du même principe, la Camera obscura en forme de tente portative est une invention de Kepler. La tête rotative de ce dispositif est idéale pour les vues panoramiques et permet des relevés de terrains d'une précision toute militaire.

 

Les voyageurs du grand tour apprécient de disposer d'un outil léger et maniable, qui leur permette de rapporter un souvenir précis, exempt des déformations involontaires du tracé trop rapide imposé par la brièveté du moment. C'est aussi le cas des artistes qui, au 19e siècle, parcourent les Pyrénées en quête de paysages romantiques.


Les témoignages qui nous restent  de cette pratique sont des épreuves de petit format, quadrillées lorsqu'elles ont été utilisées pour l'agrandissement et reconnaissables à leur tracé linéaire. La présence de points de reprise du dessin sont par contre typiques de l'usage de la chambre claire, plus légère et moins encombrante, mais plus délicate d'utilisation puisqu'il faut éviter les ruptures de tracé lorsque le regard se déplace du prisme au sujet.
La Camera Lucida et revenue sous le feu des projecteurs lorsque David Hockney, dans un  livre  polémique (« Secret knowledge » 2001) en a étudié l'usage dans l'histoire de la peinture.


De la Camera obscura à la Chambre claire :

les outils du dessinateur

 

Cette exposition réalisée en 2011 a été  présentée au public le 3 avril, lors de la 2e bourse photo cinéma de Villeneuve-Tolosane.
Après une initiation aux différentes techniques, les spectateurs –essentiellement constitué de photographes amateurs et professionnels- étaient invités à dessiner un portrait d'après modèle sur une camera obscura reconstituée pour l'occasion.

caobs

Un florilège d'instruments optiques de dessinateur était présenté, comme vous pouvez le découvrir sur cette photo : dessinographe, reflectoscope, chambre claire et camera obscura étaient accompagnés d'exemples de dessins réalisés avec chacun d'eux.

instruments dessinateur

 

cameraobscuravoyageweb.JPGdessinographe.JPG

  

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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 18:19

Où nous verrons la différence entre une boite de salon et une boite de colporteur,  entre une boîte verticale à miroir et une boîte à effet de transparence...

 

vue d'optique eglise

 

boite d'optique

 

 

Théâtre optique forain : la boite de colporteur

 

Au siècle des Lumières, colporteurs et montreurs d'images parcourent l'Europe des foires et des campagnes. Dans leur boite d'optique, aux yeux grands ouverts sur le monde, s'illuminent palais fantastiques, capitales lointaines et grands événements du royaume.

 

Attirés par le boniment du forain ou la musique d’un comparse, les badauds s’approchent de la caisse en bois et risquent un oeil à travers l’ouverture. La fascination opère aussitôt. Magnifiées par la lentille grossissante, les gravures colorées et finement découpées scintillent de lumière et captivent le regard.

Le quotidien  misérable s'évapore l'espace d’un instant et le spectateur paie sans rechigner quelques sous au montreur, lui achète aussi parfois une gravure religieuse ou le colifichet proposé car, pour beaucoup, la boite d'optique est un produit d'appel.

 

vue-d-optique-ste-sophie-constantinople.jpg

  Sainte Sophie de Constantinople / Theatre optique forain

 

A l’origine de ces spectacles, le colporteur donnait à voir ses tableaux dans une caisse de bois, munie parfois d'une lentille de plus ou moins bonne facture, dont l’imperfection même participait à l'émerveillement optique. La concurrence aidant, la machine évolua très vite : plusieurs lentilles permirent d'augmenter le nombre de spectateurs et donc la recette, l’ajout d’un éclairage à la bougie autorisa  l'exploitation nocturne, l’illumination arrière et la perforation des gravures ajouta au spectacle le mystère des effets jour et nuit. Enfin les boites furent munies de plusieurs vues sur glissières ou sur rouleau pour enrichir le programme.

 

Devenus de véritables cosmoramas ambulants, les boites d’optique furent exploitées jusqu’au milieu du 19e siècle avant d’être détrônées par des attractions optiques plus en vogue : diorama, polyorama et stéréoscope. Les vues d’optique rejoignirent les cartons à dessin des collectionneurs ou perdirent leur fraîcheur encadrées au mur des salons où l’on avait oublié leur vocation première…

 

boites d'optique

 

La boite d'optique de salon

  

Né au 17e siècle dans les cabinets de curiosité, ce divertissement de salon fut si répandu dans la bonne société que les estampes étaient couramment appelées des "perspectives" et l'appareil destiné à les visionner, une "optique". 

 

Les gravures destinées à l’optique furent imprimées par milliers dans les grands centres d’imagerie de Paris, Londres, Augsbourg, Bassano, et vendues dans toute l’Europe, comme en attestent les légendes des images traduites en plusieurs langues dont le latin, alors universellement répandu.

 

Admirer une vue d'optique, c'est d'abord voyager dans les profondeurs de l'image, bien avant l'invention de la 3D et des stéréoscopes. Reflété par le miroir à 45° et agrandi par la lentille convexe du zograscope destiné à le visionner, le dessin se déforme en accentuant les lignes de fuite nées de l'habileté du graveur d'estampe.  Un effet de profondeur apparaît qui étonne le regard. Le titre de l'image, imprimé à l'envers, apparaît redressé : mystère de l'optique qui étonne encore le spectateur d’aujourd’hui…

 

vue-perspective-zograscope.jpg

  Zograscope (coll. particulière/photo LA)

 

L’immersion dans l’image est favorisée lorsque disparaît le monde extérieur : ainsi sont nées les boites d'optique,  qui ne sont autre que des zograscopes  fermés de tout côté afin de supprimer les lumières parasites et faire perdre au spectateur tout repère d’échelle.  L'effet "trou de serrure" renforce aussi le pouvoir d'attraction puisque la gravure n'est plus visible de prime abord et ne se révèle qu'au plus curieux.

  

 

Nos boites d'optique

 

Les deux boites d'optique que vous découvrez lors des expositions/spectacles des Machines du Fantasmagore sont réalisées selon les principes de leurs ancêtres, aujourd’hui détenues dans de rares musées et collections privées. Les proportions sont issues des traités d’optique de Guyot et de l'abbé Nollet publiés en 18e siècle. Les éléments d’optique ont été réalisés spécifiquement pour ce projet par une des dernières entreprises française spécialisée.

 

Parmi une collection de vues d’optique (visible par ailleurs sous forme de diaporama numérique),  plusieurs gravures ont été sélectionnées et travaillées pour illustrer les différentes techniques d’effet jour et nuit et de diorama. Leur présentation par le bonimenteur fait revivre les spectacles des colporteurs d'images.

 

vue-d-optique-joseph-et-ses-freres.jpg

 Joseph et ses frères / Theatre optique forain 

 

Pour savoir comment peindre une vue d'optique à effet de transparence, cliquez ici 

 

vue-d-optique-pont-de-rome.jpg

Pont merveilleux à Rome / Theatre optique forain  (photo LA)

 

 

 

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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 19:19

anamorphose

 

L'anamorphose est un exercice de perspective poussé à l'extrême qui permet à son auteur de dissimuler le sens d'une image en la déformant pour ne la révéler qu'à un nombre réduit d'initiés.

 

Très en vogue chez les peintres dès le 16e siècle, sa pratique perdure tout au long des 17 et 18e s. et trouve encore de nos jours des applications insoupçonnées dans notre vie quotidienne.

 

Si les peintres de la Renaissance adoptent les lois de la perspective avec enthousiasme, c'est naturellement pour parfaire leur représentation de la nature, mais aussi pour démontrer leur habileté à construire de somptueux agencements mathématiques de dallages, d'enfilades et de raccourcis de formes complexes.
Introduire une anamorphose dans leur composition témoigne de l'excellence de leur art tout en adressant un message codé et ludique à leur commanditaire.
Souvenons-nous du tableau d'Holbein « Les Ambassadeurs » (1533) : au pied de riches notables, l'anamorphose oblique d'une tête de mort rappelle aux protagonistes la vanité de leur condition. Ce détail témoigne de la virtuosité du peintre tout en insérant une clef d'interprétation cachée.

 

Appliquée à l'architecture, l'anamorphose permet de rétablir les proportions du sujet représenté lorsque le support est exagérément haut ou incurvé : dans son Traité de la peinture, Léonard de Vinci détaille les lois de la perspective centrale selon la règle d'Alberti ; il y montre aussi comment transférer une figure plane sur la surface courbe d'une voûte. Ce même type d'artifice technique est aujourd'hui appliqué, dans une forme simplifiée, sur nos pistes cyclables pour étirer les pictogrammes des vélos peints sur la chaussé destinés à être visibles de loin par les conducteurs dans des proportions corrigées…

 

Les gravures du 18e siècle témoignent des nombreuses formes qu'adoptent au siècle des Lumières une technique devenue attraction de salon. Le dessin déformé, peinture ou gravure colorée, est conçu pour se refléter dans un miroir cylindrique, conique ou pyramidal où il apparaît redressé. Visibles aussi sans accessoire, les images peuvent être étirées à l'extrême ou bien enroulées en forme de cône. Ces divertissements sont si populaires qu'ils deviennent des jouets très prisés pendant tout le 19e siècle.

 

Construire une anamorphose
L'image que l'on souhaite déformer est revêtue d'une grille quadrillée du type de celle utilisée pour agrandir un dessin au carreau. L'image est ensuite reportée sur une grille équivalente, mais modifiée selon le but recherché : étirée pour une vue de profil, en cercle pour être vue en réflexion dans cylindre, en éventail pour être montée en cône… Toutes fonctions aujourd'hui réalisables avec un logiciel de dessin basique qui évite le maniement du crayon au dessinateur maladroit mais ne saurait procurer le même plaisir au puriste.

 

Les photos suivantes nous montrent de gauche à droite :
. une anamorphose cylindrique du couple impérial
. une sélection de trois cônes issus d'une série de 19 estampes éditées à Paris en 1842 dont les sujets politiques, humoristiques, scatologiques et souvent assez lestes, sont toujours, à un siècle et demi de distance, réservés à un public averti
. une anamorphose pyramidale
. et le tendre message d'une écriture étirée lisible à l'oblique.

 

anamorphoses.jpg

 

Chacun est invité à se confronter aux énigmes successives sans a priori. Car s'exercer à lire une anamorphose, c'est un apprentissage du regard qui nous rappelle que toute chose change d'aspect selon l'angle sous laquelle on l'observe, et qu'il faut, pour la comprendre, adopter le bon point de vue.
 

anamorphosestable.jpg

 

 

 

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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 19:18

La gravure va être montrée dans une boite d’optique de colporteur.

 

Les vues lumineuses présentées au public du XVIIIe siècle font voyager le spectateur dans toute l’Europe des Lumières ; elles se doivent d’être particulièrement spectaculaires : feux d’artifice, palais merveilleux, grands événements du royaumes, mais aussi catastrophes mémorables et scènes de bataille…

 

L’ancien testament figure aussi au programme. Nous avons sélectionné ici un épisode de l'histoire de Joseph et ses frères, issu d’une série publiée à l’origine en 12 vues par Probst en Allemagne, remarquable pour sa finesse d’exécution et sa composition théâtrale.

 

VO origine

 

Les photos qui suivent vont vous montrer les étapes successives de la fabrication de cette vue.

 

VO fabrication 1BLOGLa vue d’optique est tout d’abord photocopiée en noir et blanc au format des châssis de la boite.

La face avant est peinte à l’encre colorée puis, après séchage, retournée et placée sur une table lumineuse.

 

   

VO fabrication 2BLOGL'arrière de la vue va maintenant être contrasté et rehaussé de couleurs. Celles-ci apparaîtront quand la gravure sera éclairée par le fond de la boite d'optique. Ici Lorraine Aressy a établi les zones d'ombre. 

 

 

 

VO fabrication 3BLOGLes vêtements des personnages ont été rehaussés, les colonnes centrales peintes de couleurs chaudes. Le fond bleu a été ajouté pour dramatiser l'effet. Les galeries de côté sont colorées et finalement assombries pour centrer l'attention sur les personnages.

 

VO fabrication 4blog

La peinture du verso de la vue est terminée. La vue d'optique sera ensuite encadrée et montée sur son châssis.

 

L'ensemble est installée dans le corps de la boite d'optique foraine (L'avant de la boite, qui comporte les lentilles, est ici déVO fabrication 5BLOGmonté).

 

Vous voyez à présent la face avant peinte et devrez assister aux spectacle du Colporteur d'images pour découvrir la beauté de l'effet de nuit !

 

 

Les photos de la réalisation de cette vue d'optique sont téléchargeables sur flickr : espace "Perforons la musique" 

 

 

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 18:28

 

affiche JEP 2014.web

affiche 7 merveille du monde

cabinet_optique.gblog.web.jpg

affiche colporteur.blog

mystere-chambre-noire.blog.jpg

 lanterne.expo

 

Retrouvez toutes les photos des machines et des animations  :

http://www.flickr.com/photos/perforons_la_musique/

 

 

Quelques repères parmi nos interventions

EVENEMENTS CULTURELS

Printemps de Cahors - Centenaire du cinéma - 1995
Journées du patrimoine :

Hôtel de la Préfecture à Toulouse - 2004 - 2007 - 2010

DRAC Midi-Pyrénées - 2011

Université de Montpellier - Château de Flaugergues - 2014



FESTIVALS

Castelmoron-sur-Lot - 1995 - 1993 - 1991 - 1989
Festival d'orgues en Limousin - 1997


ANIMATIONS CULTURELLES

Odyssud : lancement de la saison culturelle de Blagnac "Illusion"  2010
Espace culturel Bonnefoy à Toulouse - 1995
Shadows in a garden - 2003


ANIMATIONS PEDAGOGIQUES

Monsempron-Libos - 1995
Villeneuve-Tolosane - 2010 - 2011 - 2013 - 2014


PARCOURS-DECOUVERTES

Inauguration de l'orgue Bancells à l'Institut catholique de Toulouse 1994




Nos interventions ont reçu la confiance de nombreux partenaires, parmi lesquels :


la DRAC Midi-Pyrénées

la Préfecture de région Midi-Pyrénées
 

la DRAC Languedoc-Roussillon, l'Université de Montpellier

les Médiathèques de Montauban, de Toulouse et de Poitiers

les musées des villes de Toulouse et de Gaillac

le musée de la Révolution française à Vizille

la mairie de Blagnac

la Banque Populaire
l'ODAC du Lot-et-Garonne

  La Dépêche du Midi...

Avec le soutien de la Magic Lantern Society de Grande-Bretagne

 

 

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