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  • : Les machines du fantasmagore
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  • : Présentation d'attractions de pré-cinéma, du XVIIe siècle à nos jours : optique, lanterne magique, image animée, théâtre, ombres chinoises, cinématographe ancien, photo en relief, 3D
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Le DIORAMA du Casino des Beaux Arts en 1842

Des tableaux daguerriens aux harmonies musicales...

 

CASINO DES BEAUX ARTS

« Il n’est aucun de nous qui n’ait souvent entendu parler avec admiration de ces toiles auxquelles M.M. Daguerre, Lecchi, Alaux et autres peintres de la même école, ont su donner une animation si vraie, par une connaissance profonde des lois de la perspective et de l’optique, par une habile distribution de la lumière. Tous ceux qui avaient pu apprécier le mérite de ces ouvrages, nés de l’heureuse association de l’art et de la science, apprirent avec un douloureux regret qu’un incendie avait détruit la plupart des chefs-d’œuvres, dus au pinceau de M. Daguerre. Aujourd’hui, ce malheur est réparé ; M. Daguerre s’est remis à l’œuvre ; il s’est adjoint de jeunes peintres formés par ses savantes leçons, et entre autres M. Lecchi, le même qui vient d’ajouter dans un autre genre de recherches un dernier perfectionnement à la sublime invention de son maître au daguerreotype : dans une dernière séance de l’Académie des Sciences, M. Arago a présenté des épreuves daguerréotypées obtenues par M. Lecchi et offrant une coloration pleine de vérité et de fraicheur des objets qu’elles représentaient.


Le diorama de M. Daguerre s’est relevé de ses cendres, et a attiré de nouveau dans son enceinte, le public parisien, joyeux de retrouver aussi beau, aussi magique qu’autrefois, un de ses spectacles favoris. Nous aussi, nous pouvons maintenant jouir du même plaisir sans avoir besoin d’attendre pour cela l’occasion d’un voyage à Paris.


M. Morandi, harpiste distingué fixé depuis peu de temps parmi nous, a fait l’acquisition de plusieurs tableaux sortis des ateliers de M. Daguerre, et tous les soirs le public est admis à les voir dans la salle où ils sont exposés, à l’entrée de l’allée Lafayette, maison Doat et Comp.


En homme de goût, persuadé que les choses qui ont un mérite réel, sont bientôt connues et appréciées, M. Morandi s’est abstenu d’annonces bruyantes, et ce n’est qu’hier que nous avons appris l’existence du Casino des Beaux Arts. Nous avons vu deux tableaux, dont l’un représente l’Exposition des cendres de Napoléon dans l’église des Invalides ; l’autre, Une messe de minuit dans l’église Saint-Etienne-du-Mont. Les détails d’architecture de ces deux beaux monuments sont reproduits avec une admirable vérité. L’illusion est complète, la lumière en est bien ménagée ; le relief de toutes les parties des églises se dessine si bien, que l’on croit être placé à une tribune de ces édifices et assister à la cérémonie dont on voit les détails.


D’abord le tableau est plongé dans l’obscurité, le jour naît peu à peu ; toutes les parties de la toile sont enfin éclairées, et bientôt le jour est remplacé par le crépuscule et enfin par la nuit. Le tableau de la messe de minuit est à double effet, c’est-à-dire qu’après avoir vu l’église dans le jour, vide de fidèles, on la voit de nouveau briller à la lumière des cierges et se remplir d’une foule nombreuse. On ne peut se faire une idée du prestige qui s’attache à ce genre de spectacle qu’après y avoir assisté. Des chants religieux et les sons de l’orgue complètent l’illusion. Nous avons entendu, entre autres morceaux, la prière de Moïse, Aux cieux où tu résides, et le cantique, Bénissons le Seigneur, qui termine ce bel opéra de Rossini ; un chœur à trois voix de la Sémiramide, du même auteur, auquel on a adapté les paroles d’un cantique sacré, O fons amoris.


Dans l’entracte, on nous a chanté un air d’Anna Boldena, de Donizetti, et une jeune fille, qui possède une voix de soprano d’une grande faicheur, dit avec beaucoup d’art et de sensibilité la romance du 2e acte de la Juive, Il va venir. Nous avons aussi remarqué une belle voix de basse-taille pleine et sonore. Les chœurs ont été chantés avec une justesse et un ensemble remarquables. Ce résultat fait le plus grand honneur au goût et au talent musical de Mme Morandi qui dirige ces jeunes chanteurs.


Comme on le voit, le casino des beaux arts offre une idée neuve et originale, celle de faire contribuer simultanément la peinture et la musique aux plaisirs des spectateurs. Cette heureuse association en fait un spectacle unique et d’un genre entièrement inconnu parmi nous. Nous sommes persuadés que cet hiver le casino sera un lieu de réunion où la bonne société de Toulouse, celle qui aime et apprécie les arts, se donnera rendez-vous.


Après les deux tableaux actuellement exposés, on en annonce deux autres dont on dit le plus grand bien : Une éruption du Mont-Vésuve, et la dédicace du temple de Salomon. »

(Le Journal de Toulouse – 23 octobre 1842)



CASINO DES BEAUX ARTS

« Les belles toiles daguerriennes que M. Morandi nous a fait connaître ont fait apprécier au public Toulousain un genre de spectacle des plus intéressants. L’heureuse idée que l’habile harpiste a eue de joindre la puissante magie des accords aux effets de la peinture a été couronnée de succès ; c’est la première fois que la musique de Rossini, Bellini, Meyerbeer, Halevy, etc a contribué à faire valoir les œuvres du pinceau.


On nous annonce pour ce soir l’exhibition d’un nouveau tableau : Une éruption du Mont-Vésuve. On voit sur les divers plans de ce tableau, la rade et une partie de la ville de Naples, un hermitage et le fort Saint-Elme. Nous pourrons suivre sur cette image saisissante de vérité toutes les phases d’une de ces horribles catastrophes qui laissent dans les souvenirs des populations voisines de longues traces de désolation et de deuil.
Le Casino est ouvert tous les soirs à l’entrée de l’allée Lafayette. »

(Le Journal de Toulouse – 15 novembre 1842)

 

A suivre...

  

 

 

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Les attractions foraines :
le cosmorama Rey en 1829

le diorama du Casino des Beaux Arts en 1842

 . le diorama place Lafayette en 1844


Les spectacles de projection :
fantasmagorie et physique amusante  (1820-1850)
. Pierre Rochette, un montreur de lanterne magique à Toulouse (1827-1853)
fêtes caritatives et lanterne magique enfantine (1850-1880)
. les conférences illustrées (Trutat 1885-1900)

La vente d'appareils :
opticiens, photographes : Bianchi, Patin et Lacaze (1825 - 1880)

. les objets primes : le lampascope


et en plus :
ceci vous représente... l'histoire d'une famille de montreurs d'optique ambulants par Adrien Bouvard, ancien directeur du Théâtre du Capitole de Toulouse (1883)

zograscope et polyorama à Toulouse... dans les années soixante au musée Paul-Dupuy

 

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