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Présentation

  • : Les machines du fantasmagore
  • Les machines du fantasmagore
  • : Présentation d'attractions de pré-cinéma, du XVIIe siècle à nos jours : optique, lanterne magique, image animée, théâtre, ombres chinoises, cinématographe ancien, photo en relief, 3D
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13 avril 2014 7 13 /04 /avril /2014 19:16
en AVANT PREMIERE

Les Machines du Fantasmagore

présentent
 
portrait-carte-visite.bon-gratuit.web.JPG
 
De la Silhouette à la Photographie...
 
partager son portrait comme au temps des Lumières !

Rendez-vous avec cette invitation

Dimanche 27 avril 2014 de 10 h à 17 h

à Villeneuve Tolosane
 durant la 5e bourse au matériel photo/cinéma
Espace Marcel Pagnol, 83 bd des Ecoles
(entrée gratuite)

Pour voir les silhouettes réalisées lors de la performance du 27 avril 2014, rendez-vous sur :
Le photosilhouette est visible ici

 
En savoir plus
 
Le portrait "à la silhouette" est une récréation familiale ancienne : il suffit d'une bougie pour projeter son ombre sur le mur et d'un peu d'habileté pour en suivre le contour. Mais pour obtenir un véritable portrait, le recours à l'artiste s'avère indispensable. La peinture ou le dessin est toujours une oeuvre unique dont la ressemblance dépend du talent du peintre et dont le coût la réserve à une élite.
 
En 1783 intervient la première tentative de mécanisation du portrait. Jean-Gaspard Lavater invente une "machine sûre et commode pour tirer les silhouettes". L'ombre de la personne à silhouetter est projetée sur une feuille de papier fin et huilé dont l'exécutant n'a plus qu'à tracer le contour. Le succès est considérable et la meilleure société se presse dans son atelier.
 
Deux ans plus tard, le portraitiste Gilles-Louis Chrétien perfectionne la réalisation du profil en adaptant un viseur et un pantographe à la machine de Lavater. L'esquisse grandeur nature est réduite puis gravée en série. Le client se voit proposer son portrait au physionotrace, parfois coloré au pastel, une douzaine de gravures au format réduit, et la plaque matrice pour des tirages ultérieurs.
 
Très ressemblants, vite réalisés, d'un format proche de la miniature donc facile à transporter, ces portraits d'un coût modique sont destinés à être distribués aux parents et connaissances, tout comme le seront plus tard les cartes de visite photographiques. Des milliers de profils sont ainsi diffusés, qui constituent une galerie de portraits -personnages célèbres ou anonymes- constitutifs de la société française de la fin du XVIIIe au début du XIXe siècle.
 
Aujourd'hui, les Machines du Fantasmagore vous proposent de renouer avec l'esprit de ces pionniers en offrant à votre silhouette, de façon ludique et anonyme, un voyage dans votre espace... à travers les réseaux sociaux.
 
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24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 17:19

 PHOTOSYLHOUETTE.2014-gif

De la silhouette au physionotrace...
 
En 2014, revivez le temps des précurseurs de la photographie,
des montreurs d'optique et des images lumineuses...
 
Découvrez notre nouvelle création : le Photo-silhouette 
 
et retrouvez toutes les machines de l'histoire du pré-cinéma
au cours de nos animations et sur ce site 
 
Nous souhaitons vous retrouver nombreux
tout au long de cette année riche en événements.
A très bientôt
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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 10:29

Crée par le magicien Paul Philidor -ou Paul de Philipsthal- à la fin du 18e siècle, la fantasmagorie est un spectacle optique dont le nom reste associé au célèbre physicien aéronaute Etienne Gaspard Robertson. Présenté à Paris dès 1798, d’abord au pavillon de l’Echiquier, puis au couvent des Capucines près de la place Vendôme, son succès fut retentissant. L'apparition de figures lumineuses macabres ou diaboliques constituait une nouveauté et la foule se pressait à la rencontre des spectres...

 

fantasmagorie.JPGplaque de fantasmagorie, fin 18e s. (coll. part.)

 

Un spectacle de peur

Introduit dans une salle obscure, le public avide d’émotions fortes était plongé dans une ambiance sonore terrifiante, assailli par des figures démoniaques, des fantômes sanglants, des squelettes gesticulants. Une iconographie historique et mythologique complétait ce répertoire, tout comme les portraits contemporains des grands acteurs de la révolution française -de Bonaparte à Robespierre-, parfois ressuscités sous forme de figures mouvantes projetées sur le fragile écran de fumée échappé d’une urne funéraire. Un spectacle délibérément macabre pour un public parisien contemporain des débordements de la Terreur révolutionnaire et de la littérature romantique et gothique. L’une des pièces maîtresse de ce répertoire n’était rien moins que la Nonne sanglante.

 

fantomes.JPG

plaque de fantasmagorie à défilement, fin 18e s. (coll. part.)

 

Les vues de fantasmagorie

On voit donc que les plaques de fantasmagorie Illustrent des sujets effrayants : démons, squelettes, fantômes. Certaines sont animés : le squelette creuse sa tombe, les yeux du démon bougent, la machoire est articulée…

 

crane.JPG

plaque de fantasmagorie articulée (coll. pariculière.)

 

Tous les sujets sont peints sur des plaques de verre encadrées de bois destinées à la projection, éventuellement dotées d’éléments en laiton articulés. Les fonds sont entièrement peints en noir pour isoler le personnage et lui permettre de « flotter » lors de la projection.

En effet, la particularité de la fantasmagorie par rapport au spectacle de lanterne magique traditionnelle réside dans la pratique de la rétroprojection sur un écran translucide qui dissimule le projecteur aux yeux du spectateur : les sujets semblent surgir du néant, face au public médusé par ce sortilège.

 

Le fantascope

L’appareil de projection utilisé en fantasmagorie est à la fois une lanterne magique et un mégascope. Le projecteur est situé non pas devant mais derrière l’écran, dans un espace ou opère librement le projectionniste. Mobile sur ses roues, l’appareil peut varier sa distance de projection à l’écran, ce qui permet d’agrandir ou rapetisser le sujet à volonté et donc de simuler son déplacement vers le public. La partie mégascope de l’appareil permet en outre la projection des corps opaques : parmi d’autres trésors, il reste ainsi dans les collections du musée des arts et métiers un fort joli squelette articulé de manière à soulever le couvercle de son tombeau...

 

Un spectacle banalisé

Au début du 19e siècle, la fantasmagorie se répand dans toute l’Europe, de Londres à Madrid, en Russie, et jusqu’en Amérique. Devenue une attraction populaire, elle intègre le programme des magiciens et physiciens itinérants, puis fait figure d’intermède sur les scènes des théâtres de province, de plus en plus souvent complétée par la projection de vues en fondu enchaîné et de chromatropes aux effets lumineux psychédéliques.

 

monstre.JPG

plaque de fantasmagorie à double effet, 19e s.(coll. part.)


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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 10:20

affiche-7-merveille-du-monde.jpg

 

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20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 11:48


vue d'optique eglise jour nuit

 

Très belle année lumineuse

avec les Machines du fantasmagore

(extrait du programme des vues du théâtre optique forain)

Le Colporteur d'Images

 

 

 

 

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26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 17:47

Du diorama de Daguerre à la photo 3D, toutes les inventions lumineuses du spectacle optique au 19e siècle sont mises en lumière dans le stereo-diorama.

 

De la gravure à la photographie, du noir et blanc à la couleur, de l'effet de perspective à la vision en relief, les techniques évoluent vers plus de réalisme sans perdre le mystère et la beauté des jeux de lumière qui marquèrent le siècle des décors de théatre, des panoramas, des dioramas et de la photographie.

 

stereodiorama

venise carlo ponti nuit

Venise, le grand canal, effet de nuit. Photographie peinte et éclairée au verso.

stereodiorama toastPhotographie stereoscopique sur papier albuminé. Scène pittoresque du second Empire.

venise carlo ponti

Photographie de Carlo Ponti pour megaletoscope et aletoscope c. 1860. Venise, le grand canal.

stereodiorama spectateurs

venise polyorama panoptique nuit

  Lithographie pour polyorama panoptique de Pierre Henri Armand Lefort c.1849. Venise, place St-Marc, effet de nuit

polyorama.jpg

 

Le stereodiorama est une création largement inspirée des multistéréoscopes utilisés dès le milieu du 19éme siècle et jusqu'aux années 20 par les forains qui exploitaient la vision en relief sur les foires et kermesses. Cette attraction, un temps sensationnelle, fut détronée par le cinéma qui emporta tous les suffrages du public dès son apparition.


Comme avant eux les orgues et les chevaux de bois, les stéréoscopes forains furent voués à la destruction. Très peu d'exemplaires ont résisté à cet autodafé si bien que les machines visibles du public sont extrêmement rares et souvent conservées dans des musées ou des collections particulières.


La découverte chez un brocanteur de six  paires d'œilletons issus d'une de ces machine nous a donné l'idée de fabriquer notre Stereodiorama afin de faire redécouvrir au public les plaisirs de la vision stéréoscopique. Notre but était de faire une machine extrêmement attractive, polyvalente et facile à transporter et à mettre en œuvre.


Nous avons opté pour une forme octogonale, prenant l'aspect d'un kiosque, de manière à ce que huit spectateurs puissent découvrir en même temps les différentes vues proposées. Les huit panneaux sont liés par des montant articulés qui facilitent le montage et donnent la souplesse à l'ensemble, permettant aussi, en fonction des lieux, une présentation linéaire.


Six panneaux sont équipés chacun d'une paire d'œilletons en laiton équipés de lentilles qui permet la vision en relief et en couleur de vues stéréoscopiques originales transparentes des années 1860 à 1880. Les deux autres panneaux sont munis d'une lentille légèrement grossissante, comme celle des boites d'optique : l'un présente une vue de diorama, l'autre une photographie de magalétoscope.


Eclairées progressivement par réflexion puis par transparence, toutes ces images illustrent l'effet "dioramique", c'est à dire le passage progressif du jour à la nuit. Un système DMX commande les seize mini lampes qui éclairent alternativement les effets jour/nuit, rendant cet ensemble entièrement autonome lors des présentations.

 

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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 13:35

stereo scientifique 

 

Lorsque Sir Charles Wheastone construisit en 1832 son premier stéréoscope à miroir, il était sans doute loin d’imaginer que son invention –bientôt abandonnée au profit d’appareils à prismes moins encombrants- lui survivrait pour une application alors insoupçonnable : la cartographie à partir de prises de vues aériennes.

 

Conçu pour visualiser des images de grande taille, l’appareil imaginé par Wheastone permet dans une version améliorée, enrichie de deux miroirs et d’une jumelle pour l’agrandissement, l’étude en relief des photographies aériennes du territoire réalisés par l’Institut Géographique National (IGN), qui diffuse les clichés nécessaires, en noir et blanc ou en couleur au format 24 x 24 cm.

 

Les prises de vues sont réalisées au cours de campagnes photographiques par le Services des Activités Aériennes de l’IGN basé à Creil, qui dispose à cet effet de quatre avions de type Beechcraft réputés pour leur stabilité.

 

Une fois le plan de vol établi, l’avion -équipé d’un système de prise de vue- survole la région de façon à obtenir le quadrillage photographique du sol avec un chevauchement partiel des images. Ainsi, sur deux clichés successifs, les éléments du paysage présentent-t-ils des disparités d’orientation dues à la différence d’angle de vue.

 

Lorsque le couple de photographies est disposé horizontalement sous le stéréoscope, chaque image, adressée respectivement à l’œil droit et à l’œil gauche, est réfléchie successivement dans les deux miroirs de l’appareil avant de traverser les lentilles grossissantes de la jumelle.

 

Une image virtuelle centrale au relief saisissant se forme face au spectateur qui est alors invité à parcourir, tel un oiseau, l’immensité du paysage qui s’offre à sa vue : ravins étourdissants, pics enneigés, ou au contraire architecture urbaine, selon le lieu choisi pour l’exposition. En effet, il est coutume d’offrir au spectateur le survol de sa localité afin que chacun puisse y reconnaître ses emplacements familiers, dont les campagnes photographiques ont accompagné l’évolution, bien avant la vulgarisation des images satellites et de l’arrivée d’Internet…

 

stereo aerien

 

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 16:46

 

Le stéréoscope ? « C’est un instrument égoïste, car il ne sert de distraction qu’à une seule personne à la fois », s’exclamait Marc-Antoine Gaudin dans « La Lumière » du 2 janvier 1858. Le futur rédacteur en chef du journal dédié à la photographie naissante n’aurait-il pas sous-estimé l’un des attraits de la photographie artistique en relief ?

 

stereoscope rouge

 

Loin de la préciosité d’une distraction de salon, la borne foraine présentée lors de nos expositions de Jeux d’Optique est une attraction populaire. Le rouge de sa tôle attire le regard. Sa plaque émaillée retient l’attention : promesse offerte en toutes lettres d’une série de vues « intéressantes ». Le prix n’est pas un obstacle : aujourd’hui le spectacle est gratuit !

 

Un regard furtif en direction des optiques et la vue plonge à travers les colonnades de l’Alhambra de Grenade. La perspective est saisissante ; on admire la technique du relief. Appuyons timidement sur le bouton poussoir ; la vue change, une procession apparaît : la fumée de l’encens semble flotter dans l’air… Le rythme est pris et les couples de vues cartonnées défilent…

 

stereoscope

 

Les yeux rivés aux oculaires de la visionneuse, l’observateur étonné savoure à son rythme le pittoresque des sujets, l’audace des prises de vue, la finesse des détails. Chacun attend son tour, la frustration s’installe chez les suivants dont la file s’allonge dans l’attente du plaisir de la découverte.

 

Cette attraction de comptoir destinée aux soldats équipait les cafés et lieux de plaisir installés en arrière du front pendant la guerre de 14. Dernier réconfort du soldat avant l’assaut, les merveilles du vaste monde y alternent avec les plastiques remarquables de baigneuses d’un autre siècle et de beautés peu farouches. Leur regard albuminé nous invite à rejoindre leur intimité ; elles semblent si proches… A travers les optiques de la visionneuse, leurs attraits de papier restent pourtant inaccessibles au voyeur qui s’en délecte.

 

stereoscope forain

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 13:33

"Plus qu'une simple exposition, la présentation des Machines du Fantasmagore est un véritable spectacle qui sollicite l'émotion du spectateur pour l'amener à découvrir la technique de façon claire et ludique."

 

Histoire d'une passion

 

Créé en 1987 à l'initiative d'amoureux du répertoire de musique mécanique, l'association " Perforons...la musique " s'est consacré pendant plus de vingt ans à la sauvegarde et à la promotion du répertoire d'orgue de barbarie et de piano pneumatique. Ses recherches et publications (Les Cahiers de Perforons) ont associé musiciens, collectionneurs, musées et institutions de toute l'Europe.

 

Parce que la musique mécanique fut de tout temps associée à l'image, l'idée a naturellement pris forme de faire découvrir ensemble ces deux modes d'expression. La richesse de cette approche a conduit l'association à explorer et à approfondir la connaissance et la pratique de toutes les formes anciennes d'art du spectacle liées aux techniques de l'image. C'est ainsi qu'est né "Jeux d'Optique", le département des arts visuels de l'association "Perforons la musique".

 

Musique et images


Remontons le temps : bien avant l'invention de la photographie et du cinéma, l'homme tente de capturer la lumière et de recréer le mouvement. Alors que l'iconographie populaire associe joueur d'orgue et montreur d'ombres, les cabinets de curiosité s'enrichissent d'étranges machines d'optique qui intriguent le regard et défient l'intelligence.

 

Ces années magiques de la fantasmagorie et du pré-cinéma revivent aujourd'hui grâce à une exposition animée et à d'authentiques projections de lanternes magiques associant rétrospective de plaques de collection et création contemporaine.

 

Plus qu'une simple exposition, la présentation des machines est un véritable spectacle qui sollicite l'émotion du spectateur pour l'amener à découvrir la technique de façon claire et ludique.


Le public évolue au milieu d'une installation de machines aux techniques mystérieuses comme l'Ombro-Cinéma, petit théatre d'ombres animées, le Zootrope appelé aussi "roue de la vie", le Stéréodiorama, spectaculaire kiosque pour photographies en relief à effets jour et nuit (ancêtre de la 3D) et même de rares anamorphoses et des boîtes d'optique aux images lumineuses perforées et multicolores. Livrés aux regards curieux, d'anciens appareils de projection témoignent du génie créateur des premiers artisans du 7è art.


Parce que le visuel est facteur de rêve, une attention particulière est portée au décor : avalé par une immense gueule de lion, le spectateur est confronté à de surprenants personnages en bois peints, inspirés des chromos anciens de nos livres d'images, dont chaque élément s'intègre à un ensemble unique porteur de toutes les émotions réinventées du monde forain d'autrefois...  

 

Le blog : un complément des expositions

 

Partager avec vous ces moments forts d'émerveillement et de découverte est notre passion. Ce blog est le complément de nos animations, un espace où vous pourrez retrouver vos machines préférées, suivre nos travaux et nos recherches historiques, partager nos projets.

 

zootrope

 

 

 

Vous découvrez notre travail et aimeriez en savoir plus ? Vous organisez une manifestation et souhaiteriez nous inviter à partager cette aventure ? Cliquez sur "contact"  en haut à gauche  de cette page ou écrivez-nous à l'adresse

"perforons(arobase)yahoo.fr"

 

 

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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 16:25

zootrope Daisy

 

La jument Daisy qui trotte avec majesté dans notre zootrope géant exerce toujours une fascination sur les spectateurs, qui découvrent avec elle le principe même de l'image animée.

Mais quelle est donc son histoire et par quelle magie son image si vivante parvient-elle à nous captiver ?

 

zootrope-public.jpg

 

Zootrope (ou zoetrope chez nos amis anglo-saxons) vient du grec Zoe = animal et Tropos = tourner.
Le zootrope fut mis au point par William George Horner vers 1834 en suivant les travaux de Plateau, physicien belge qui avait démontré avec son phénakistiscope, le rôle de la persistance rétinienne dans notre perception des objets animés. 
Il s'agit en fait de l'adaptation horizontale de l'appareil de Plateau : visibles à travers les fentes découpées sur le pourtour de l'appareil -disque pour Plateau, tambour pour Horner- les images successives d'un mouvement décomposé paraissent prendre vie lorsque l'appareil tourne rapidement sur son axe. Le sujet est animé d'un mouvement répétitif dont l'allure dépend de la vitesse de rotation.

 

Comment ça marche
Chaque fente permet d'apercevoir l'image qui lui fait face, disposée à l'intérieur du tambour. Entre deux fentes, le dessin est masquée au yeux du spectateur par la matière opaque du tambour. Lorsque l'appareil est mis en rotation, ce tambour agit comme un obturateur qui permet à l'œil de capter chaque image successivement. Au contraire, en regardant directement les images en rotation par dessus l'appareil, le spectateur ne discerne plus qu'une informe traînée grisâtre composée de toutes les images confondues. Cette présence de l'obturateur et sa parfaite synchronisation avec l'apparition de l'image est le principe de base du projecteur cinématographique.
Si le nombre d'images correspond au nombre de fentes, le sujet semble bouger sur place (jongleur, forgeron, etc.). Si ce nombre est supérieur, le personnage ou l'animal avance dans l'appareil (marcheur, course poursuite, cheval au galop,...).

 

zootrope-en-action.jpg

 

En faisant défiler les bandes de papier illustrées dans le tambour du zootrope, toute une imagerie poétique ou humoristique ressuscite l'esprit d'une époque : vélocipédiste, dandy buveur, chanteur à voix, valseurs romantiques, mais aussi toute une galerie de monstres diaboliques ou grotesques.

 

Cependant, une étape reste à franchir pour passer du dessin animé à la représentation de notre cheval et trouver à ce jouet de salon une application scientifique : le perfectionnement de la toute nouvelle technique photographique, qui permettra la prise de vue rapide et successive du mouvement de l'animal, suscitant  l'intérêt des physiologistes de la fin du 19e siècle.

 

En 1827, Niepce fixe dans sa camera obscura un paysage sur une plaque métallique enduite de bitume de Judée. L'image est imparfaite et le temps de pose considérable (pas moins de huit heures...). Après quelques années de perfectionnement, la photographie jouera un rôle majeur pour les physiologistes dans l'enregistrement visuel des phases du mouvement.

 

Depuis le 18e siècle, les écoles vétérinaires essaient d'analyser la locomotion animale, et en particulier celle du cheval. Au 19e s., médecins et physiologistes travaillent sur la reproduction des mouvements humain et animal, mettant au point les appareils de mesure nécessaires à leurs recherches.

 

Au début de ses travaux, le physiologiste Etienne Jules Marey utilise à Paris une méthode graphique pour enregistrer le galop du cheval : un capteur pneumatique, placé sous chaque sabot, commande un stylet qui marque un tambour défilant à vitesse constante. La photographie permet à Marey de vérifier et compléter sa théorie. Pour obtenir une succession régulière de vues, il inventera en 1882 un fusil photographique (qui lui servira en particulier à étudier le vol des oiseaux). Quelques années plus tôt, en 1874, l'astronome Janssen avait déjà utilisé un revolver astronomique pour obtenir, lors d'une éclipse, les douze poses du passage de Venus devant le soleil.

 

Cette représentation visuelle inscrite dans le temps est connue sous le nom de " chronophotographie ".

 

Les travaux de Marey ne passeront pas inaperçus : aux Etats-Unis, l'ancien gouverneur de Californie, Leland Stanford, confie à l'éditeur et photographe Eadweard James Muybridge la réalisation d'essais sur la photographie des chevaux de course.
En 1873, Muybridge obtient, grâce à un obturateur rapide, le premier cliché instantané du cheval Occident en pleine course.

 

Après un fâcheux contretemps (il tue l'amant de sa femme), Muybridge reprend ses travaux chez Stanford à Palo Alto, où il met au point un système d'enregistrement beaucoup plus perfectionné : 12 appareils photos en ligne, déclenchés par électroaimants actionnés au passage du cheval.

 

MUYBRIDGE La Nature

Le travail de Muybridge présenté en décembre 1878 dans La Nature sous la plume de Gaston Tissandier

 

 

 

 

 

 

En 1879, Muybridge réalise ses premières séries de vues sur la locomotion animale, puis humaine, qui seront publiées en novembre 1887 sous les auspices de l'Université de Pennsylvanie et vendus sur souscription, principalement aux riches collectionneurs, aux institutions, ainsi qu'à quelques artistes  renommés. Au total, 781 planches au format 19 x 24 inches mettent en scène les mouvements de l'homme et de l'animal dans un montage parfois retouché, qui relève peut-être plus de la démarche artistique que scientifique.

 

Parmi ce travail, la planche 39 d'Animal Locomotion montre la jument Daisy au trot, montée par un cavalier dont le nom ne nous est pas parvenu.

zootrope-Daisy.jpgLa jument Daisy, chronophotographiée par Muybridge en 1879

  

Muybridge et Marey, qui ont tous deux travaillé à décomposer le mouvement pour l'analyser, ont en commun d'utiliser le zootrope pour le recomposer. Ils se serviront aussi de la projection pour illustrer leurs travaux : sur disque de verre pour Muybridge (zoopraxiscope), sur pellicule pour Marey à partir de 1889 (grâce au film commercialisé par Eastman au USA).

 

Les progrès de la photographie permettent au physiologiste Etienne Jules Marey et au photographe Eadweard James Muybridge de révéler le vol de l'oiseau et le déplacement du cheval. Avec la chronophotographie, l'invisible devient enfin visible. Un pas de plus et c'est le cinématographe...

 

 

 

 

 

 

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