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  • : Les machines du fantasmagore
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  • : Présentation d'attractions de pré-cinéma, du XVIIe siècle à nos jours : optique, lanterne magique, image animée, théâtre, ombres chinoises, cinématographe ancien, photo en relief, 3D
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21 juin 2015 7 21 /06 /juin /2015 18:54
Lanterne double de projection à éclairage à LED

Le catalogue 1902 de la Bonne Presse présente un dispositif de projection constitué de deux lanternes superposées pour projeter des vues lumineuses. Ce dispositif destiné au conférencier présente l'avantage d'être rapidement démontable, facile à transporter et de permettre l'utilisation de lanternes de série.

La lanterne double

Pour ses animations à la découverte de la lanterne magique, Les Machines du Fantasmagore utilisent deux lanternes Helios de marque Mazo, munies du système de fondu enchaîné à oeil de chat, simple et silencieux.

Afin d'obtenir une qualité de projection optimale, les deux lanternes sont équipées d'optique Leitz wetzlar elmaron de 250 mm ou 200 mm suivant la distance de projection souhaitée. La définition de ces optiques est inégalable, en particulier pour le rendu des photographies sur verre.

Lanterne double de projection à éclairage à LED

L'éclairage à LED

Afin de pouvoir projeter en toute sécurité des plaques anciennes issues des collections privées ou de musées sans que la chaleur émise par la lampe de projection ne dégrade le support ou l'émulsion -comme c'était le cas jusqu'à présent-, il a fallu mettre au point un système d'éclairage innovant. La nouvelle technologie LED, qui ne produit ni UV ni infrarouge, apporte aujourd’hui une révolution dans l’art des projection.

Après de nombreux essais, différents composants ont été sélectionnés et adaptés pour obtenir un bloc lumière au résultat très satisfaisant : ainsi une LED de seulement 50 W diffuse 100 lux sur un écran placé à 6 mètres et une puissance de 100 W convient à la plupart des salles de conférence.

Lanterne double de projection à éclairage à LED

La température des plaques soumise à ce type d’éclairage ne monte qu'à 30° C après une exposition prolongée de cinq minutes alors qu'elle atteignait 50 °C en deux à trois minutes avec une lumière halogène munie de filtre anticalorique et 150 °C sans filtre. Durant un spectacle ou une conférence, les vues ne sont projetées que quelques secondes.

Chaque bloc d'éclairage est monté sur un châssis qui se glisse dans la lanterne en remplacement du luminaire ancien, ce qui permet une utilisation immédiate et sans modification de la lanterne de projection originale.

 

Les Machines du Fantansmagore ont présenté leur nouvelle lanterne double équipée de l'éclairage à LED sur la scène du théâtre de Villeneuve-Tolosane à l'occasion de la bourse photo 2015. Les visiteurs ont pu admirer pendant ces démonstrations des plaques peintes sur verre des années 1860, des vues photographiques -dont certaines d'Eugène Trutat-, et même des publicités anciennes pour des films de cinéma muet.

Lanterne double de projection à éclairage à LED

Plus de photos sur la galerie flickr

www.flickr.com/photos/perforons_la_musique

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26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 17:47

Du diorama de Daguerre à la photo 3D, toutes les inventions lumineuses du spectacle optique au 19e siècle sont mises en lumière dans le stereo-diorama.

 

De la gravure à la photographie, du noir et blanc à la couleur, de l'effet de perspective à la vision en relief, les techniques évoluent vers plus de réalisme sans perdre le mystère et la beauté des jeux de lumière qui marquèrent le siècle des décors de théatre, des panoramas, des dioramas et de la photographie.

 

stereodiorama

venise carlo ponti nuit

Venise, le grand canal, effet de nuit. Photographie peinte et éclairée au verso.

stereodiorama toastPhotographie stereoscopique sur papier albuminé. Scène pittoresque du second Empire.

venise carlo ponti

Photographie de Carlo Ponti pour megaletoscope et aletoscope c. 1860. Venise, le grand canal.

stereodiorama spectateurs

venise polyorama panoptique nuit

  Lithographie pour polyorama panoptique de Pierre Henri Armand Lefort c.1849. Venise, place St-Marc, effet de nuit

polyorama.jpg

 

Le stereodiorama est une création largement inspirée des multistéréoscopes utilisés dès le milieu du 19éme siècle et jusqu'aux années 20 par les forains qui exploitaient la vision en relief sur les foires et kermesses. Cette attraction, un temps sensationnelle, fut détronée par le cinéma qui emporta tous les suffrages du public dès son apparition.


Comme avant eux les orgues et les chevaux de bois, les stéréoscopes forains furent voués à la destruction. Très peu d'exemplaires ont résisté à cet autodafé si bien que les machines visibles du public sont extrêmement rares et souvent conservées dans des musées ou des collections particulières.


La découverte chez un brocanteur de six  paires d'œilletons issus d'une de ces machine nous a donné l'idée de fabriquer notre Stereodiorama afin de faire redécouvrir au public les plaisirs de la vision stéréoscopique. Notre but était de faire une machine extrêmement attractive, polyvalente et facile à transporter et à mettre en œuvre.


Nous avons opté pour une forme octogonale, prenant l'aspect d'un kiosque, de manière à ce que huit spectateurs puissent découvrir en même temps les différentes vues proposées. Les huit panneaux sont liés par des montant articulés qui facilitent le montage et donnent la souplesse à l'ensemble, permettant aussi, en fonction des lieux, une présentation linéaire.


Six panneaux sont équipés chacun d'une paire d'œilletons en laiton équipés de lentilles qui permet la vision en relief et en couleur de vues stéréoscopiques originales transparentes des années 1860 à 1880. Les deux autres panneaux sont munis d'une lentille légèrement grossissante, comme celle des boites d'optique : l'un présente une vue de diorama, l'autre une photographie de magalétoscope.


Eclairées progressivement par réflexion puis par transparence, toutes ces images illustrent l'effet "dioramique", c'est à dire le passage progressif du jour à la nuit. Un système DMX commande les seize mini lampes qui éclairent alternativement les effets jour/nuit, rendant cet ensemble entièrement autonome lors des présentations.

 

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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 13:35

stereo scientifique 

 

Lorsque Sir Charles Wheastone construisit en 1832 son premier stéréoscope à miroir, il était sans doute loin d’imaginer que son invention –bientôt abandonnée au profit d’appareils à prismes moins encombrants- lui survivrait pour une application alors insoupçonnable : la cartographie à partir de prises de vues aériennes.

 

Conçu pour visualiser des images de grande taille, l’appareil imaginé par Wheastone permet dans une version améliorée, enrichie de deux miroirs et d’une jumelle pour l’agrandissement, l’étude en relief des photographies aériennes du territoire réalisés par l’Institut Géographique National (IGN), qui diffuse les clichés nécessaires, en noir et blanc ou en couleur au format 24 x 24 cm.

 

Les prises de vues sont réalisées au cours de campagnes photographiques par le Services des Activités Aériennes de l’IGN basé à Creil, qui dispose à cet effet de quatre avions de type Beechcraft réputés pour leur stabilité.

 

Une fois le plan de vol établi, l’avion -équipé d’un système de prise de vue- survole la région de façon à obtenir le quadrillage photographique du sol avec un chevauchement partiel des images. Ainsi, sur deux clichés successifs, les éléments du paysage présentent-t-ils des disparités d’orientation dues à la différence d’angle de vue.

 

Lorsque le couple de photographies est disposé horizontalement sous le stéréoscope, chaque image, adressée respectivement à l’œil droit et à l’œil gauche, est réfléchie successivement dans les deux miroirs de l’appareil avant de traverser les lentilles grossissantes de la jumelle.

 

Une image virtuelle centrale au relief saisissant se forme face au spectateur qui est alors invité à parcourir, tel un oiseau, l’immensité du paysage qui s’offre à sa vue : ravins étourdissants, pics enneigés, ou au contraire architecture urbaine, selon le lieu choisi pour l’exposition. En effet, il est coutume d’offrir au spectateur le survol de sa localité afin que chacun puisse y reconnaître ses emplacements familiers, dont les campagnes photographiques ont accompagné l’évolution, bien avant la vulgarisation des images satellites et de l’arrivée d’Internet…

 

stereo aerien

 

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 16:46

 

Le stéréoscope ? « C’est un instrument égoïste, car il ne sert de distraction qu’à une seule personne à la fois », s’exclamait Marc-Antoine Gaudin dans « La Lumière » du 2 janvier 1858. Le futur rédacteur en chef du journal dédié à la photographie naissante n’aurait-il pas sous-estimé l’un des attraits de la photographie artistique en relief ?

 

stereoscope rouge

 

Loin de la préciosité d’une distraction de salon, la borne foraine présentée lors de nos expositions de Jeux d’Optique est une attraction populaire. Le rouge de sa tôle attire le regard. Sa plaque émaillée retient l’attention : promesse offerte en toutes lettres d’une série de vues « intéressantes ». Le prix n’est pas un obstacle : aujourd’hui le spectacle est gratuit !

 

Un regard furtif en direction des optiques et la vue plonge à travers les colonnades de l’Alhambra de Grenade. La perspective est saisissante ; on admire la technique du relief. Appuyons timidement sur le bouton poussoir ; la vue change, une procession apparaît : la fumée de l’encens semble flotter dans l’air… Le rythme est pris et les couples de vues cartonnées défilent…

 

stereoscope

 

Les yeux rivés aux oculaires de la visionneuse, l’observateur étonné savoure à son rythme le pittoresque des sujets, l’audace des prises de vue, la finesse des détails. Chacun attend son tour, la frustration s’installe chez les suivants dont la file s’allonge dans l’attente du plaisir de la découverte.

 

Cette attraction de comptoir destinée aux soldats équipait les cafés et lieux de plaisir installés en arrière du front pendant la guerre de 14. Dernier réconfort du soldat avant l’assaut, les merveilles du vaste monde y alternent avec les plastiques remarquables de baigneuses d’un autre siècle et de beautés peu farouches. Leur regard albuminé nous invite à rejoindre leur intimité ; elles semblent si proches… A travers les optiques de la visionneuse, leurs attraits de papier restent pourtant inaccessibles au voyeur qui s’en délecte.

 

stereoscope forain

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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 16:25

zootrope Daisy

 

La jument Daisy qui trotte avec majesté dans notre zootrope géant exerce toujours une fascination sur les spectateurs, qui découvrent avec elle le principe même de l'image animée.

Mais quelle est donc son histoire et par quelle magie son image si vivante parvient-elle à nous captiver ?

 

zootrope-public.jpg

 

Zootrope (ou zoetrope chez nos amis anglo-saxons) vient du grec Zoe = animal et Tropos = tourner.
Le zootrope fut mis au point par William George Horner vers 1834 en suivant les travaux de Plateau, physicien belge qui avait démontré avec son phénakistiscope, le rôle de la persistance rétinienne dans notre perception des objets animés. 
Il s'agit en fait de l'adaptation horizontale de l'appareil de Plateau : visibles à travers les fentes découpées sur le pourtour de l'appareil -disque pour Plateau, tambour pour Horner- les images successives d'un mouvement décomposé paraissent prendre vie lorsque l'appareil tourne rapidement sur son axe. Le sujet est animé d'un mouvement répétitif dont l'allure dépend de la vitesse de rotation.

 

Comment ça marche
Chaque fente permet d'apercevoir l'image qui lui fait face, disposée à l'intérieur du tambour. Entre deux fentes, le dessin est masquée au yeux du spectateur par la matière opaque du tambour. Lorsque l'appareil est mis en rotation, ce tambour agit comme un obturateur qui permet à l'œil de capter chaque image successivement. Au contraire, en regardant directement les images en rotation par dessus l'appareil, le spectateur ne discerne plus qu'une informe traînée grisâtre composée de toutes les images confondues. Cette présence de l'obturateur et sa parfaite synchronisation avec l'apparition de l'image est le principe de base du projecteur cinématographique.
Si le nombre d'images correspond au nombre de fentes, le sujet semble bouger sur place (jongleur, forgeron, etc.). Si ce nombre est supérieur, le personnage ou l'animal avance dans l'appareil (marcheur, course poursuite, cheval au galop,...).

 

zootrope-en-action.jpg

 

En faisant défiler les bandes de papier illustrées dans le tambour du zootrope, toute une imagerie poétique ou humoristique ressuscite l'esprit d'une époque : vélocipédiste, dandy buveur, chanteur à voix, valseurs romantiques, mais aussi toute une galerie de monstres diaboliques ou grotesques.

 

Cependant, une étape reste à franchir pour passer du dessin animé à la représentation de notre cheval et trouver à ce jouet de salon une application scientifique : le perfectionnement de la toute nouvelle technique photographique, qui permettra la prise de vue rapide et successive du mouvement de l'animal, suscitant  l'intérêt des physiologistes de la fin du 19e siècle.

 

En 1827, Niepce fixe dans sa camera obscura un paysage sur une plaque métallique enduite de bitume de Judée. L'image est imparfaite et le temps de pose considérable (pas moins de huit heures...). Après quelques années de perfectionnement, la photographie jouera un rôle majeur pour les physiologistes dans l'enregistrement visuel des phases du mouvement.

 

Depuis le 18e siècle, les écoles vétérinaires essaient d'analyser la locomotion animale, et en particulier celle du cheval. Au 19e s., médecins et physiologistes travaillent sur la reproduction des mouvements humain et animal, mettant au point les appareils de mesure nécessaires à leurs recherches.

 

Au début de ses travaux, le physiologiste Etienne Jules Marey utilise à Paris une méthode graphique pour enregistrer le galop du cheval : un capteur pneumatique, placé sous chaque sabot, commande un stylet qui marque un tambour défilant à vitesse constante. La photographie permet à Marey de vérifier et compléter sa théorie. Pour obtenir une succession régulière de vues, il inventera en 1882 un fusil photographique (qui lui servira en particulier à étudier le vol des oiseaux). Quelques années plus tôt, en 1874, l'astronome Janssen avait déjà utilisé un revolver astronomique pour obtenir, lors d'une éclipse, les douze poses du passage de Venus devant le soleil.

 

Cette représentation visuelle inscrite dans le temps est connue sous le nom de " chronophotographie ".

 

Les travaux de Marey ne passeront pas inaperçus : aux Etats-Unis, l'ancien gouverneur de Californie, Leland Stanford, confie à l'éditeur et photographe Eadweard James Muybridge la réalisation d'essais sur la photographie des chevaux de course.
En 1873, Muybridge obtient, grâce à un obturateur rapide, le premier cliché instantané du cheval Occident en pleine course.

 

Après un fâcheux contretemps (il tue l'amant de sa femme), Muybridge reprend ses travaux chez Stanford à Palo Alto, où il met au point un système d'enregistrement beaucoup plus perfectionné : 12 appareils photos en ligne, déclenchés par électroaimants actionnés au passage du cheval.

 

MUYBRIDGE La Nature

Le travail de Muybridge présenté en décembre 1878 dans La Nature sous la plume de Gaston Tissandier

 

 

 

 

 

 

En 1879, Muybridge réalise ses premières séries de vues sur la locomotion animale, puis humaine, qui seront publiées en novembre 1887 sous les auspices de l'Université de Pennsylvanie et vendus sur souscription, principalement aux riches collectionneurs, aux institutions, ainsi qu'à quelques artistes  renommés. Au total, 781 planches au format 19 x 24 inches mettent en scène les mouvements de l'homme et de l'animal dans un montage parfois retouché, qui relève peut-être plus de la démarche artistique que scientifique.

 

Parmi ce travail, la planche 39 d'Animal Locomotion montre la jument Daisy au trot, montée par un cavalier dont le nom ne nous est pas parvenu.

zootrope-Daisy.jpgLa jument Daisy, chronophotographiée par Muybridge en 1879

  

Muybridge et Marey, qui ont tous deux travaillé à décomposer le mouvement pour l'analyser, ont en commun d'utiliser le zootrope pour le recomposer. Ils se serviront aussi de la projection pour illustrer leurs travaux : sur disque de verre pour Muybridge (zoopraxiscope), sur pellicule pour Marey à partir de 1889 (grâce au film commercialisé par Eastman au USA).

 

Les progrès de la photographie permettent au physiologiste Etienne Jules Marey et au photographe Eadweard James Muybridge de révéler le vol de l'oiseau et le déplacement du cheval. Avec la chronophotographie, l'invisible devient enfin visible. Un pas de plus et c'est le cinématographe...

 

 

 

 

 

 

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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 18:39

THAUMATROPE

 

Avez-vous déjà, enfant, regardé le soleil jusqu'à l'éblouissement ? Souvenez-vous du disque qui voltige devant vos yeux après avoir détourné le regard, négatif parfait de la sphère lumineuse qui a imprimé votre rétine. Vous avez appris depuis que l'image d'un objet ne s'efface pas immédiatement mais qu'elle persiste d'autant plus longtemps que l'objet est puissamment éclairé.

  

persistence

 

En observant fixement le dessin pendant 60 secondes, l'image divine de Ste Thérèse apparaît en positif devant les yeux de l'observateur.

Cet effet est une démonstration du phénomène de persistence rétinienne.

 

Exposition "Le colporteur d'images" Journées du patrimoine 2011 à la DRAC Midi-Pyrénées 

 

  

Aristote, en son temps, fit la même découverte que vous. Plus tard Léonard de Vinci s'interrogera sur les anneaux de feu tracés par un tison enflammé. Un siècle plus tard, Johannes Segner soulignera que le phénomène n'apparaît que si la vitesse de rotation du sujet est suffisante. Dans son Mémoire sur la durée de la sensation de la vue, D'Arcy expose les résultats de ses expériences sur la mesure des sensations lumineuses.

 

Attendons les années 1820 pour voir le débat relancé et le phénomène de persistance rétinienne devenir si populaire qu'en 1825 est déposé en Angleterre le brevet d'un petit jouet basé sur son principe : le thaumatrope. Le Dr Fitton en serait l'inventeur, ou bien l'astronome Hershel. L'histoire retient plus volontiers le nom du Dr Paris qui en entreprend la commercialisation.

 

Le petit disque de carton diffusé dès 1826 comporte sur chacune de ses faces la moitié d'une image. En le faisant tourner lentement sur son axe, l'œil perçoit chaque dessin séparément, mais si la rotation s'accélère les impressions lumineuses qui touchent la rétine s'y superposent. Le cerveau n'analyse plus qu'une image constituée des deux précédentes.

 

thaumatrope-detail.jpg

 

Le Multi-thaumatropes que nous présentons offre une sélection d'images originales du 19e siècle à caractère humoristique ou historique. Certaines interrogent le spectateur dans un habile jeu de questions-réponses (A quoi rêvent les jeunes filles ?...). Quelques unes perfectionnent l'illusion pour simuler une action répétitive (le joueur d'orgue de barbarie, le jongleur, ou l'exécution du diable très appréciée du jeune public). Elles sont l'ancêtre du dessin animé.

Il suffit de multiplier les images pour obtenir un mouvement plus élaboré, comme nous le verrons plus loin dans le Zootrope de Horner.

 

multithaumatropes

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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 19:46

 

ombro-cinema.jpg

 

L'Ombro-Cinema est à l'origine un jeu d'ombres animées commercialisé au début du XXe siècle. Derrière l'écran translucide d'un théâtre d'ombres défile une série de personnages animés d'un mouvement saccadé.
La particularité de ce théâtre réside dans l'utilisation d'une grille qui va permettre de créer l'illusion du mouvement.

 

Comment ça marche
Les silhouettes sont dessinées sur une longue bande de calque ou de papier fin. Les parties qui doivent être animées (tête, bras, jambes, et tous les éléments mobiles du décor) sont dessinées dans les deux attitudes extrêmes du mouvement souhaité, puis hachurées verticalement en réserve à un pas identique à celui de la grille. Ainsi, quand la bande illustrée se déroule derrière l'écran, les traits correspondant à l'une des attitudes sont masqués par les bandes verticales de la grille, tandis que ceux de l'autre position deviennent visibles.

L'alternance rapide des deux positions crée l'illusion d'un mouvement répétitif : marche, balancement, battement d'ailes, rotation des roues, etc. avec une prédilection pour les courses poursuites (vélos, chevaux, véhicules de fantaisie et animaux de toutes sortes, lions et crocodiles compris...).

 

vitrine-ombrocinema.jpg

 

La technique de l'Ombrocinema a été utilisée dans plusieurs petits jouets de bazar jusque dans les années 50, mais aussi dans quelques livres animés, cette fois sous forme de disque rotatif visible par une fenêtre découpée dans la couverture cartonnée (Livre ou Album de Télévision).

Jouet présenté généralement en coffret illustré, équipé dans sa version luxe d'une boîte à musique, le théâtre d'ombres à réseau (ou à trame) revêt à l'origine deux décors chromolithographiés : l'un signé du dessinateur Jean Kerhor -auteur de plusieurs pièces d'ombres historiques pour théâtre jouet- reste fidèle au style chinois, l'autre -résolument moderne- met en scène le personnage de Charlot alors à la mode sur les écrans de cinéma.

 

Le décor de l'Ombro Cinema créé en 1993 pour les animations de Perforons la Musique, puisé dans l'iconographie d'un Abecedaire ancien, rend hommage au théâtre jouet dans sa forme la plus respectueuse de l'imagerie : le théâtre de papier.
Réalisé avec un soin minutieux au crayon de couleur aquarellé, ses coloris évoquent la richesse des tons de la chromolithographie, tandis que sa mise en espace renforce l'effet de perspective pour donner toute sa force d'attraction aux scènes animées de l'écran lumineux.

Dans notre Ombro-Cinema défilent sur plusieurs mètres les participants de la Fête au village et du Carnaval de Nice : des sujets choisis pour leur aspect festif et pittoresque. Les bandes originales ont été reproduites fortement agrandies afin de permettre la meilleure vision possible du public.

 

ombro-cinema-1.jpg

 

 

 


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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 19:23

 

C'est dans un vieux livre de physique amusante, sauvé des inondations de Paris par le père de ma grand-mère qui le lui rapporta, et qui fut transmis par chaque génération de femme de la famille avec le respect dû à un traité de magie populaire, que sont gravés les pochoirs à découper de nos premières ombres blanches.

 

livre-d-ombres-blanches.jpg

 

Eclairées à l'aide d'une ou de plusieurs bougies mobiles, les ombres mouvantes projetées suggéraient des scènes de danse diaboliques. Dans la tradition de la fantasmagorie, elles ressuscitaient aussi les portrait des personnalités politiques, littéraires ou religieuses. De la finesse de la découpe dépendait la beauté des nuances.

 

Cette attraction de salon, très en vogue au 19e siècle, existait encore au début du 20e s. sous forme de carte postale à détourer à l'effigie de Napoléon, de la reine Victoria, de présidents de la République comme Sadi Carnot et Poincaré ou du fantaisiste Georges Milton.

 

Voici réunie une sélection de ces ombres célèbres, présentée lors des Journées du Patrimoine consacrées en 2010 aux personnages historiques.

ombres blanches


Mais comment des ombres peuvent-elles est « blanches » ?
Par définition, une ombre résulte d'une absence de lumière : lorsque les rayons lumineux rencontrent un corps opaque qui fait obstacle à leur diffusion, les contours pleins de ce corps sont projetés sur le sol, le mur ou sur l'écran.
L'ombre blanche suit le même principe, sauf que le corps opaque présente des perforations par lesquelles passent les rayons lumineux : l'image est formée de lumière !

 

 

 

 

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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 19:12

L'OMBROMANIE

 

Entre la chanteuse réaliste et le comique troupier, les Caf'Conc' de la belle époque présentaient les dernières attractions à la mode : parmi elles, l'ombromanie.

Des artistes comme l'anglais Trewley, resté longtemps à l'affiche de l'Alcazar, faisaient preuve d'une vraie dextérité de prestidigitateur pour composer des silhouettes toujours plus surprenantes, où l'ombre fugace du petit lapin laissait la place au loup, à l'envol de l'oiseau mais aussi aux profils du tsar ou d'Emile Zola.

 

L'ombromanie fut un thème de prédilection pour les imagiers. Des marques de chocolat ou des grands magasins, comme le Bon Marché, distribuèrent des milliers de petites lithographies richement colorées, souvent dorées, dont les sujets mettaient en scène les ombres et leur modèle. Chaque série collectionnée devenait un traité illustré et ludique, initiateur de jeux d'enfants toujours renouvelés. Il suffisait d'une bougie, de deux mains, parfois de quelques accessoires en papier, et d'un peu d'ingéniosité…

 

Ces chromos d'un autre temps nous ont inspiré la mise en scène des Loups et de la Chevrette qui illustrent, au cours de nos expositions, le thème des ombres chinoises.

 

ombres chinoises

 

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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 19:08

lanternetriple

 

Impressionnante par sa taille, la brillance de ses laitons et la préciosité de son bois d'acajou, la lanterne triple est aussi un bijou technologique qui en fait la forme la plus sophistiquée des lanternes de projection.

 

Mise au point en Angleterre à la fin des années 1870, cette lanterne équipée de trois objectifs superposés et de trois systèmes d'éclairage indépendants est l'instrument privilégie des projectionnistes les plus habiles et les plus fortunés de la fin du 19e siècle. Avec elle, la conférence illustrée devient un véritable spectacle à effets.

 

plan lanterne

 

Alors que la petite lanterne magique en tôle colorée se cantonne au répertoire enfantin, projeté vue à vue dans l'intimité du salon, la lanterne de projection se tourne vers l'éducation populaire ou religieuse. Grâce à des sources de lumière de plus en plus puissantes, et parfois à l'ajout d'un second objectif, elle gagne les salles paroissiales, les théâtres et salles de conférences dont l'écran accueille la projection commentée par un conférencier de photographies en fondu enchaîné.

 

L'ajout d'un troisième objectif de projection, s'il rend la lanterne plus massive et difficile à manipuler, autorise des effets encore plus élaborés : chute de neige qui transforme un paysage d'été en scène hivernale, éruption du volcan qui déverse sa lave en fusion, tempête en mer, naufrage du navire foudroyé avec sauvetage de l'équipage...

 

Les images projetées sont des vues peintes à la main sur verre, souvent mécanisées pour créer le mouvement ou des effets comiques. Avec le développement de la photographie, les vues sur verre deviennent scientifiques, éducatives et touristiques. Ce sont les ancêtres des diapositives et, à présent, de nos photos numériques.

 

L'âge d'or des lanternes triples n'a duré qu'une vingtaine d'années : dès la fin du siècle, l'arrivée du spectacle cinématographique leur porte un coup fatal. De ces appareils rares et coûteux dès l'origine, seuls quelques exemplaires subsistent aujourd'hui.

 

lanterne tripleLa Magic Lorraine

 

Tout en bois et laiton, la lanterne triple pour projections lumineuses construite par Jean-Pierre Aressy est inspirée des lanternes triples anglaises en vogue dans les années 1880.

 

Elle est constituée de trois projecteurs superposés afin de permettre la projection simultanée de plusieurs images ou bien la fusion des images sur l'écran. Le fondu enchaîné est assuré grâce à un système mécanique situé devant l'optique, poétiquement appelé " œil de chat ".  

 

Suivant l'exigence des projections, la lanterne peut être équipée d'un jeu d'optiques anciennes ou bien de modernes optiques allemandes en 250mm et sa puissance lumineuse portée à 400 W grâce à l'utilisation de filtres anti-caloriques de haute qualité pour prévenir la dégradation des vues projetées.

 

Sa sophistication  la destine à prendre le relais du couple de lanternes  anciennes utilisées pour les spectacles " Lanternes magiques " -florilège de plaques de collection- et " L'odyssée aérienne du Fantasmagore ", peint et réalisé en hommage au projectionniste et aéronaute du 18e siècle Etienne Gaspard Robertson qui, avec Melies, a inspiré notre travail.

 

bourse-villeneuve-JPGPrésentation

en avant première

au public de la bourse photo

de Villeneuve-Tolosane

au printemps 2010.

 

  

 

lanterne-double.JPG

 

 

 

 

 

 


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