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Présentation

  • : Les machines du fantasmagore
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  • : Présentation d'attractions de pré-cinéma, du XVIIe siècle à nos jours : optique, lanterne magique, image animée, théâtre, ombres chinoises, cinématographe ancien, photo en relief, 3D
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ou la lanterne magique au profit des œuvres


Une fête caritative au Conservatoire Philharmonique de la rue Lapeyrouse en 1853

« FETE DEDIEE AUX ENFANTS
Donnée au profit de la Société de Prévoyance des Ouvriers
Dans la salle du Conservatoire Philharmonique, rue Lapeyrouse, 15, le samedi 29 janvier 1853, à 7 heures du soir.

 

1re Partie. La Fée Essimia, protectrice d’Arlequin, pantomime magique en 2 actes avec fééries, transformations, apparitions et métamorphoses.
2e Partie. Exercices Hydrauliques ou Jeux d’Eau.
3e Partie.
1° Une Vue de la ville de Bethléem (aspect moderne) avec figures mouvantes ;
2° L’hiver en Russie. Vue pittoresque du village Stérébinée, dans le lointain Saint-Pétersbourg.
3° Entrée de l’Armée Française à Rome en 1849, assaut et prise de la ville.

4° Partie. Grands tableaux dioramas, effet de jour, de nuit et d’illumination.
1° La Cène ou la Sainte-Table, d’après Léonard de Vinci.
2° La Place Saint-Charles à Turin, avec la fête de l’installation du roi de Sardaigne, Victor Emmanuel, en 1848.

5° Partie. Fantasmagorie, Tableaux chromatiques et pyrrhiques.

Dans les entractes on entendra des airs choisis, exécutés sur le piano qui forme le lot principal de la loterie organisée par le Cercle.
Prix du billet : 1 franc 25 centimes. »

(Le Journal de Toulouse, 29 janvier 1853) 

 

La Société de prévoyance des ouvriers voit le jour en 1849. Seule en France à être interprofessionnelle, son action est soutenue à ses débuts par la municipalité et les autorités administratives du département. Elle sera dissoute en 1874 par décret préfectoral. En 1853, c’est donc une toute jeune organisation qui fait l’objet de ce gala de soutien organisé par le Cercle philanthropique.

Le programme
Le spectacle est donné par M. Mayerhofer, directeur du théâtre, du 23 janvier au 8 février. Plus de la moitié du programme relève des techniques du pré-cinéma et met à l’honneur les projections lumineuses. Le final en particulier recquiert l'utilisation d'un fantascope ou d'une lanterne double (voire deux projecteurs couplés), indispensable à la réussite des effets de fantasmagorie, de fondu et  d’illumination annoncés.

Des inconnues subsistent néanmoins sur la nature des attractions. Les programmes des séances des 23 & 24 janvier ainsi que du 3 au 5 février, apportent quelques précisions sur cette 3e partie, décrite successivement comme « théâtre pittoresque mouvant en trois tableaux » et « plusieurs points de vue mouvants d’un rare mérite » : toutes descriptions susceptibles de s’appliquer aussi bien au théâtre mécanique ou au théâtre d’ombres qu’aux projections lumineuses. Les tableaux du « passage du Mont-Saint Bernard en 1800 », de « l’incendie de Moskow  le 16 septembre 1812», ou de la "rentrée du pape Pie IX à Rome en 1850" montrés en alternance ne permettent pas de trancher avec une absolue certitude.

Les thèmes abordés -qu'ils relèvent de l'épopée napoléonnienne ou de grands faits d'actualité-  privilégient les défilés et processions. Il peut donc s'agir de tableaux animés avec personnages défilants dans le genre du "Théatre pittoresque et mécanique" de M. Pierre célèbre au début du siècle, mais une salle de concert de grande capacité est-elle adaptée à ce type de présentation... Une projection de vues lumineuses avec plaques à défilement est plus aisée à mettre en oeuvre dans ce contexte. Ainsi, les plaques à système de l'incendie de Moscou offrent-elles, encore aujourd'hui, un incroyable spectacle : sous les yeux de l'Empereur, le feu se propage lentement jusqu'à embraser la ville entière dans un immense rougeoiement. Un "must" dans toute projection de lanterne de qualité.

 

Le doute subsiste encore sur les « grands tableaux dioramas en trois effets » : décors sur toiles dans le style de Daguerre ou vues fondantes (dissolving views) moins encombrantes à présenter ?

Dans tous les cas, le spectacle s’achève, comme le veut la tradition,  par la projection d'« une très belle fantasmagorie mouvante », "tableau fondant et feu chromatique", avec plaques animées fantastiques et comiques, fondus enchaînés et feu d’artifice de chromatropes multicolores. Sans conteste un régal pour les yeux…

Le théâtre
Située près de la place Lafayette (aujourd’hui place Wilson) au cœur de Toulouse, la salle philharmonique accueille principalement musiciens, chanteurs et comédiens : Frantz Liszt y triomphe à deux reprises pendant l’été 1844 en alternance avec des concerts au Capitole.

Comme nous l’avons vu, le théâtre de la rue Lapeyrouse héberge aussi des attractions et parmi elles des spectacles de prestidigitation : Bosco viendra régulièrement exercer sa magie égyptienne dans une salle « embellie, chauffée et éclairée au gaz » (Journal de Toulouse - 25.12.1855).

C’est enfin sous l’intitulé « Théâtre des folies toulousaines » qu’en juin 1856 ont lieu des représentations du « Berceau impérial », cantate, diorama et apothéose » présentées à l’occasion du baptême du Prince impérial Louis-Napoléon.


Les matinées enfantines de l’hôtel Saint-Jean, rue de la Dalbade (1875 – 1879)

L’ancien hôtel des Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem connut des affectations multiples avant d’être acquis par le ministère de la Culture pour héberger les services de la Drac Midi-Pyrénées. Après la révolution, on y logea  un entrepôt de draperies, puis au début du XIXe s. l’école de commerce de Toulouse. Entre temps, expositions artistiques et fêtes caritatives s’y succèdent.

 

1875
« Nous rappelons que c’est aujourd’hui, jeudi, qu’une matinée enfantine doit être donnée dans la salle des séances récréatives de l’hôtel Saint-Jean. En voici le programme :
1. Chansonnette, chantée par M. Monié. 2. Polichinelle. 3. Chansonnette, chantée par M. Monié.

4. Lanterne magique. 5. Chansonnette, chantée par M. Monié. » 

(Le Journal de Toulouse, 18  mars 1875)

1879
« La grande fête qui sera offerte aux enfants, en faveur des petits noviciats des Frères, le jeudi 6 février, de 2 à 5 heures de l’après-midi, dans la salle de l’hôtel Saint-Jean, rue de la Dalbade, promet d’être très brillante.
Les enfants y trouveront tous les plaisirs réunis, et toutes les personnes qui se préoccupent de l’avenir des Ecoles chrétiennes viendront apporter leur obole à cette œuvre si digne d’intérêt.
Pendant que dans trois salles différentes les séances de prestidigitation, des représentations de Polichinelle et des exhibitions de lanterne magique se succèderont de demi-heure en demi-heure de manière à permettre à chaque invité d’assister successivement à ces divers spectacles d’une grande kermesse, un vrai fénétra avec tourniquets, boutiques et tous genres, parades et intermèdes comiques, se tiendra dans la grande salle et la grande galerie transformées pour la circonstance en jardin d’hiver ». 

(Le Journal de Toulouse, 4  février 1879) 

 

Devant le succès rencontré, une autre matinée est donnée le jeudi 13 février. « Plus de trois mille personnes ont assisté à la première fête ; la seconde est appelée à un succès plus grand encore ». En raison de l’affluence attendue, les salles destinées à la vente et aux spectacles ont été « agrandies et toutes les précautions prises pour éviter l’encombrement ».

L’histoire n’a pas retenu le nom des bénévoles impliqués dans ces manifestations caritatives ; le  projectionniste –laïc ou religieux- nous est donc inconnu, tout comme le programme présenté : vie des saints, contes moraux, chansons, final récréatif de plaques animées et de chromatropes ? Peut-être un document témoin de ces journées subsiste-t-il dans une collection ou serré dans un livre, devenu marque page anonyme dans l’attente d’une redécouverte ?

L’institution bénéficiaire de cette manifestation pourrait être l’institut des Frères des écoles chrétiennes. Il s’agit d’une congrégation fondée en 1680 par Jean-Baptiste de la Salle dont les membres ne peuvent prétendre à l’état ecclésiastique mais sont attachés à leur Institut par les trois vœux de religion, ainsi que par celui d’enseigner gratuitement les enfants en leur inculquant les maximes chrétiennes et leur « donnant l’éducation qui leur convient ». En 1885, la congrégation compte en France près de 1 500 écoles pour un effectif de 400 000 élèves, enfants, apprentis et adultes.
Pour mémoire il existera également à Toulouse, à la fin du siècle, un noviciat des frères de St-Gabriel dévoués à Toulouse à l’éducation des sourds-muets.

Lorraine Aressy - 2013

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Les attractions foraines :
le cosmorama Rey en 1829

le diorama du Casino des Beaux Arts en 1842

 . le diorama place Lafayette en 1844


Les spectacles de projection :
fantasmagorie et physique amusante  (1820-1850)
. Pierre Rochette, un montreur de lanterne magique à Toulouse (1827-1853)
fêtes caritatives et lanterne magique enfantine (1850-1880)
. les conférences illustrées (Trutat 1885-1900)

La vente d'appareils :
opticiens, photographes : Bianchi, Patin et Lacaze (1825 - 1880)

. les objets primes : le lampascope


et en plus :
ceci vous représente... l'histoire d'une famille de montreurs d'optique ambulants par Adrien Bouvard, ancien directeur du Théâtre du Capitole de Toulouse (1883)

zograscope et polyorama à Toulouse... dans les années soixante au musée Paul-Dupuy

 

 

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